Taux d’occupation Airbnb par ville en France : comment l’estimer avant d’investir ?

Quel taux d’occupation Airbnb utiliser pour investir ? Découvrez comment l’estimer par ville, analyser la saisonnalité et calculer la rentabilité réelle d’un bien.

Tableau de bord illustrant le taux d’occupation Airbnb par ville en France et sa saisonnalité

⏱️ Temps de lecture : ~12 min · Investissement locatif

Le taux d’occupation Airbnb est l’un des premiers chiffres que regardent les investisseurs avant d’acheter un bien destiné à la location courte durée. C’est logique : plus un logement est réservé, plus il peut générer de revenus.

Mais se concentrer uniquement sur le taux d’occupation peut conduire à de mauvaises conclusions. Un bien loué 70 % du temps n’est pas nécessairement plus rentable qu’un bien loué 55 % du temps. Tout dépend également du prix moyen par nuit, des charges, de la saisonnalité, de la réglementation et du prix d’achat du bien.

Avant d’investir dans une ville ou un quartier, il est donc essentiel de comprendre comment interpréter le taux d’occupation Airbnb par ville et comment l’intégrer dans une véritable analyse de rentabilité.

Sommaire

Qu’est-ce que le taux d’occupation Airbnb ?

Le taux d’occupation correspond à la proportion de nuits pendant lesquelles un logement est effectivement loué sur une période donnée. Dans une approche simple, la formule est :

Nombre de nuits réservées ÷ nombre de nuits disponibles × 100

Par exemple, si un logement est loué 220 nuits sur une année de 365 jours : 220 ÷ 365 = environ 60 % de taux d’occupation.

Ce chiffre permet d’estimer la fréquence à laquelle un logement est réservé. Mais il faut faire attention à un point important : toutes les statistiques de taux d’occupation ne sont pas calculées de la même manière. Certains indicateurs rapportent les nuits réservées au nombre total de nuits de l’année, d’autres prennent uniquement en compte les nuits pendant lesquelles le logement était effectivement disponible à la réservation.

Avant de comparer deux chiffres, il est donc important de vérifier la méthodologie utilisée.

Le taux d’occupation Airbnb varie fortement selon les villes

Il n’existe pas un taux d’occupation unique valable pour toute la France. Les performances peuvent varier considérablement selon :

  • la ville ;
  • le quartier ;
  • le type de logement ;
  • la saison ;
  • le niveau de concurrence ;
  • la demande touristique ;
  • la demande professionnelle ;
  • le prix moyen par nuit ;
  • la réglementation locale.

Un studio situé dans un quartier touristique d’une grande ville peut donc avoir une performance très différente d’un appartement similaire situé dans une zone moins demandée de la même commune.

C’est pourquoi une moyenne à l’échelle d’une ville doit toujours être considérée comme un point de départ, et non comme une prévision applicable automatiquement à un bien précis.

Les grandes villes ne fonctionnent pas toutes de la même manière

Les grandes métropoles françaises peuvent bénéficier de plusieurs sources de demande : tourisme international, tourisme national, déplacements professionnels, événements, salons, ainsi que des visiteurs de longue durée. Cette diversité peut contribuer à réduire la dépendance à une seule saison.

À l’inverse, certaines destinations très touristiques peuvent connaître une forte activité pendant quelques mois seulement, puis une demande beaucoup plus faible le reste de l’année.

Il est donc possible qu’une destination affiche un taux d’occupation annuel inférieur à celui d’une grande métropole tout en générant des revenus importants grâce à des prix moyens par nuit beaucoup plus élevés pendant les périodes de forte demande.

Trois profils de marchés à distinguer

Plutôt que de chercher « la meilleure ville », il est souvent plus utile d’identifier à quel type de marché vous avez affaire.

Profil Caractéristiques Point de vigilance principal
Métropole à demande mixte Demande étalée sur l’année, tourisme et affaires Concurrence élevée, réglementation souvent stricte
Destination saisonnière Occupation très concentrée, prix élevés en haute saison Charges fixes à absorber pendant la basse saison
Ville moyenne ou secondaire Concurrence plus faible, prix d’achat plus accessible Volume de demande à vérifier sérieusement

Aucun de ces profils n’est meilleur que les autres dans l’absolu. Ils impliquent simplement des hypothèses différentes et des risques différents.

Le taux d’occupation seul ne permet pas de mesurer la rentabilité

C’est probablement l’un des points les plus importants à retenir : un taux d’occupation élevé ne signifie pas automatiquement qu’un bien est rentable.

Prenons deux logements.

Comparaison Bien A / Bien B

Bien A Bien B
Prix moyen par nuit 50 € 100 €
Taux d’occupation 70 % 55 %
Calcul 50 × 70 % × 365 100 × 55 % × 365
Revenu brut annuel estimé 12 775 € 20 075 €

Dans cet exemple, le bien B est loué moins souvent, mais génère davantage de revenus bruts.

Cela montre pourquoi il est préférable de toujours analyser ensemble le taux d’occupation, le prix moyen par nuit, le chiffre d’affaires estimé, les charges, le prix d’achat et le financement. Un taux d’occupation ne doit jamais être analysé isolément.

Le prix moyen par nuit est aussi important que le taux d’occupation

Pour avoir une première estimation des revenus, vous pouvez utiliser la formule suivante :

Prix moyen par nuit × taux d’occupation × 365

Par exemple, avec un prix moyen de 80 € et un taux d’occupation de 60 % : 80 × 60 % × 365 = 17 520 € de revenu brut annuel estimé.

Une autre manière de combiner ces deux variables consiste à regarder le revenu moyen généré par nuit disponible :

Prix moyen par nuit × taux d’occupation

Avec les mêmes hypothèses : 80 × 60 % = 48 €. Cela signifie que le logement génère en moyenne 48 € de revenus par nuit disponible sur l’ensemble de la période étudiée.

Cet indicateur permet de mieux comparer des biens qui ont des stratégies différentes : un prix élevé avec moins de réservations, ou un prix plus bas avec davantage de réservations.

Ce chiffre d’affaires estimé n’est toutefois qu’un point de départ. Pour savoir ce qu’il reste réellement une fois les charges et le crédit déduits, il faut passer au calcul du cash-flow, que nous détaillons dans notre article dédié au simulateur de cash-flow en location courte durée.

La saisonnalité peut complètement changer l’analyse

Un taux d’occupation annuel de 60 % ne signifie pas que le logement est loué 60 % de chaque mois. La demande peut être très différente selon les périodes. Un même logement peut par exemple connaître 85 % d’occupation en juillet, 90 % en août, 55 % en octobre et 35 % en janvier.

La moyenne annuelle peut donc cacher d’importantes variations. Cette saisonnalité est particulièrement importante pour les destinations balnéaires, de montagne, très touristiques, dépendantes d’événements, ou fortement liées à une activité professionnelle saisonnière.

Le problème est que certaines dépenses continuent d’exister même pendant les périodes creuses : crédit immobilier, charges de copropriété, assurance, abonnements, entretien et divers frais fixes.

C’est pourquoi il est important de ne pas uniquement regarder le chiffre d’affaires annuel. Il peut également être utile d’analyser la répartition des revenus et du cash-flow sur les différents mois de l’année, afin de vérifier que les mois creux restent absorbables.

Attention à la différence entre taux d’occupation et disponibilité

Deux annonces peuvent afficher des taux d’occupation qui semblent comparables alors qu’ils ne sont pas calculés sur la même base.

Prenons un logement loué 150 nuits :

Base de calcul Résultat
Disponible 365 jours 150 ÷ 365 = environ 41 %
Disponible 200 jours 150 ÷ 200 = 75 %

Les deux chiffres peuvent être exacts, mais ils ne mesurent pas la même chose. Avant de comparer les performances de deux biens, il est donc essentiel de vérifier la période étudiée, le nombre de jours disponibles, les périodes bloquées et la méthodologie utilisée pour calculer le taux.

Quel taux d’occupation Airbnb utiliser dans une simulation ?

Il n’existe pas de taux universel applicable à tous les biens. Un taux d’occupation réaliste dépend notamment de la ville, du quartier, de la surface, du nombre de chambres, de la qualité du logement, du prix, des équipements, de la saison et de la concurrence.

Un appartement très bien situé et correctement positionné sur le marché peut avoir une performance très différente d’un bien comparable situé quelques kilomètres plus loin. Le meilleur réflexe consiste donc à utiliser plusieurs sources d’information.

Comment estimer le taux d’occupation d’une ville avant d’investir ?

1. Étudier les biens comparables

Commencez par rechercher des logements similaires dans le même secteur. Comparez la localisation, la surface, le nombre de chambres, le nombre de voyageurs, les équipements et le positionnement tarifaire.

L’objectif n’est pas de trouver une annonce identique, mais de comprendre le niveau de concurrence et le positionnement du marché.

2. Croiser plusieurs sources de données

Des plateformes et bases de données spécialisées peuvent fournir des indications sur le nombre d’annonces, les prix affichés, la disponibilité et les tendances du marché.

Certaines bases de données comme Inside Airbnb peuvent être utiles pour obtenir une première vision d’un marché. Leurs données doivent cependant être interprétées avec prudence, car les résultats dépendent de la méthodologie utilisée et des annonces analysées. Il est préférable de croiser plusieurs sources plutôt que de se baser sur un seul chiffre.

3. Regarder les données touristiques

Les données de fréquentation touristique peuvent également être utiles. Les statistiques disponibles auprès d’organismes publics permettent notamment d’étudier le nombre de visiteurs, la fréquentation touristique, la saisonnalité et l’évolution de la demande.

Ces données ne correspondent pas directement au taux d’occupation d’un logement Airbnb. Elles constituent néanmoins un indicateur complémentaire pour comprendre le niveau général de demande dans une zone.

4. Observer le quartier, pas uniquement la ville

Une moyenne à l’échelle d’une ville peut être trompeuse. Deux quartiers peuvent présenter des performances très différentes en raison de leur proximité avec les transports, des attractions touristiques, des commerces, des zones d’activité, des nuisances ou de la concurrence locale.

Pour un investissement, le taux d’occupation du quartier ciblé est souvent plus intéressant que la moyenne de la ville entière.

La réglementation peut modifier complètement la rentabilité

Le taux d’occupation théorique n’est pas toujours égal au nombre de nuits que vous pouvez légalement louer. La réglementation française sur les meublés de tourisme évolue régulièrement.

La loi Le Meur, adoptée en novembre 2024, a notamment donné aux communes la possibilité d’abaisser de 120 à 90 jours par an la durée maximale de location touristique d’une résidence principale. Il s’agit bien d’une possibilité et non d’une règle nationale : la limite de droit commun reste de 120 jours, et le seuil réduit ne s’applique que dans les communes qui l’ont explicitement voté par délibération motivée. Il est donc indispensable de vérifier la situation de la commune concernée plutôt que de supposer qu’un seuil s’applique partout.

Pour un investissement locatif qui n’est pas votre résidence principale, les règles sont différentes et peuvent être plus contraignantes. Selon la commune, il peut notamment être nécessaire de vérifier :

  • les règles de déclaration et le numéro d’enregistrement du meublé ;
  • l’autorisation de changement d’usage ;
  • les éventuelles règles de compensation ;
  • les quotas de meublés de tourisme applicables dans certaines zones ;
  • les restrictions prévues dans certains secteurs du plan local d’urbanisme ;
  • le règlement de copropriété, qui peut interdire ce type de location.

Avant d’acheter un bien destiné à la location courte durée, il est donc indispensable de vérifier la réglementation applicable dans la commune concernée. Une modification réglementaire peut avoir un impact direct sur le nombre de nuits légalement louables, le chiffre d’affaires potentiel, le cash-flow et la rentabilité globale du projet.

Ces règles évoluant régulièrement, les informations de cet article sont données à titre indicatif. Vérifiez toujours les dispositions en vigueur auprès de la mairie concernée avant de vous engager.

Pourquoi il faut analyser plusieurs scénarios

Utiliser un seul taux d’occupation peut donner une fausse impression de précision. Il est souvent plus prudent de tester plusieurs hypothèses.

  • Scénario prudent : taux d’occupation plus faible, prix moyen par nuit réduit, charges légèrement supérieures.
  • Scénario central : les hypothèses que vous considérez comme les plus réalistes selon les données disponibles.
  • Scénario optimiste : taux d’occupation plus élevé, prix moyen par nuit supérieur.

L’objectif n’est pas de prédire exactement l’avenir. Il est de répondre à une question beaucoup plus utile : le projet reste-t-il intéressant si les performances sont moins bonnes que prévu ?

Un bien qui reste viable dans un scénario prudent est généralement plus solide qu’un bien qui ne fonctionne que dans une hypothèse optimiste.

Ce qu’il faut vraiment regarder avant d’investir dans une ville

Le taux d’occupation est important, mais il ne doit pas être le seul critère. Avant d’investir, essayez de croiser au minimum ces sept éléments.

  • Le niveau de demande — existe-t-il une demande touristique, professionnelle ou événementielle suffisante ?
  • Le prix moyen par nuit — quel tarif est réellement pratiqué par les logements comparables ?
  • Le taux d’occupation potentiel — quel niveau d’occupation semble cohérent pour ce type de logement et ce secteur ?
  • La saisonnalité — les revenus sont-ils répartis sur toute l’année ou concentrés sur quelques mois ?
  • Le prix d’achat — un taux d’occupation élevé ne compense pas nécessairement un prix d’achat trop élevé.
  • Les charges — taxe foncière, copropriété, assurance, ménage, entretien, frais de plateforme et éventuelle conciergerie peuvent fortement modifier le résultat.
  • La réglementation — le projet est-il légalement possible dans les conditions envisagées ?

C’est l’ensemble de ces éléments qui permet d’évaluer la rentabilité réelle d’un investissement. Pour aller plus loin sur la méthode de calcul, consultez notre article comment calculer la rentabilité d’un Airbnb.

Automatiser l’analyse d’un bien en location courte durée

Vérifier manuellement une annonce, rechercher les informations importantes, estimer un prix par nuit, tester plusieurs taux d’occupation et calculer l’impact sur le cash-flow peut rapidement prendre du temps.

C’est précisément le type d’analyse que LocaPulse cherche à simplifier. Vous pouvez coller le texte d’une annonce immobilière et renseigner vos hypothèses : prix moyen par nuit envisagé, taux d’occupation estimé et principales informations financières du projet. Vous pouvez ensuite vérifier les données extraites avant de lancer l’analyse.

LocaPulse vous aide à obtenir une première estimation de la rentabilité, du cash-flow, de l’impact de vos hypothèses, des points faibles du bien, des risques potentiels et des pistes de négociation.

L’objectif n’est pas de remplacer une étude complète du marché local ou une vérification de la réglementation. Il est de vous aider à analyser plus rapidement une opportunité et à identifier les points qui méritent d’être vérifiés avant d’aller plus loin.

FAQ — Taux d’occupation Airbnb par ville

Quel est le taux d’occupation moyen d’un Airbnb en France ?

Il n’existe pas un taux d’occupation unique valable pour toute la France. Les performances varient selon la ville, le quartier, le type de logement, la saison et la méthodologie utilisée pour calculer le taux.

Quelle ville a le meilleur taux d’occupation Airbnb ?

Il n’existe pas de classement universel valable dans toutes les situations. Les résultats varient selon la période étudiée, le type de bien et la source utilisée. Une ville avec un taux d’occupation élevé n’est pas nécessairement la plus rentable.

Comment calculer le taux d’occupation d’un Airbnb ?

La formule simplifiée est : nombre de nuits réservées ÷ nombre de nuits disponibles × 100. Il faut toutefois vérifier la définition exacte du nombre de nuits disponibles utilisé dans le calcul.

Quel taux d’occupation utiliser pour une simulation Airbnb ?

Il est préférable de tester plusieurs hypothèses plutôt que d’utiliser un chiffre unique. Un scénario prudent, un scénario central et un scénario optimiste permettent d’évaluer la sensibilité du projet.

Un taux d’occupation élevé signifie-t-il qu’un Airbnb est rentable ?

Non. Le prix moyen par nuit, le prix d’achat, les charges, le financement et la fiscalité ont également un impact important sur la rentabilité.

Comment estimer le taux d’occupation d’un bien Airbnb ?

Il est conseillé d’étudier des logements comparables dans la même zone, de croiser plusieurs sources de données et de prendre en compte la saisonnalité ainsi que la réglementation locale.

Conclusion

Le taux d’occupation est un indicateur essentiel pour analyser un investissement en location courte durée, mais il ne doit jamais être utilisé seul.

Un taux d’occupation élevé peut cacher un prix par nuit trop faible, des charges importantes ou un prix d’achat excessif. À l’inverse, un taux d’occupation plus modeste peut être parfaitement compatible avec une bonne rentabilité si le bien bénéficie d’un tarif moyen élevé et d’une demande suffisante.

La meilleure approche consiste donc à croiser le taux d’occupation, le prix moyen par nuit, la saisonnalité, le chiffre d’affaires, les charges, le financement, le prix d’achat et la réglementation locale. C’est cette analyse globale qui permet de déterminer si un bien présente réellement un potentiel intéressant.

LocaPulse vous aide à réaliser rapidement une première analyse d’un bien en location courte durée à partir du texte d’une annonce et de vos hypothèses de revenus.

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